Passer de la gestion de déchets à la gestion de ressources et impliquer tout le monde !

Vaste projet ! Néanmoins, dans l’espace-temps d’une manifestation grand public (culturelle ou sportive) il est possible de se donner les moyens pour faciliter le changement de perceptions et de comportements par rapport aux déchets et d’en observer les résultats… Cela nous a fait penser à un micro-laboratoire social où il est possible de contrôler des variables pour explorer des hypothèses. De là vient le nom du projet Eco-manifestations = "micro-laboratoires" de changement de comportement vis-à-vis des déchets, lauréat de l’appel à initiatives « déchets et numérique » lancé début 2015 par le Département de la Gironde.

L’appel à initiatives « déchets et numérique » affichait dans ces objectifs : « participer au développement de la prévention ou du recyclage des déchets, participer au développement de l’économie circulaire en Gironde… » Parfait ! Ce sont des buts en commun avec le collectif La Crème.

C’était un autre des objectifs, « permettre de sensibiliser les acteurs publics, privés ou associatifs à l’ouverture de leurs données (opendata) et de les inciter à s’inscrire dans des démarches d’opendata et d’opensource », qui a été une sorte de défi et nous a amené à découvrir tout un champ de possibilités nouvelles grâce au numérique.

Pour que les déchets soient perçus et traités comme des ressources en amont et en aval du cycle de vie des produits/services, chaque acteur de la chaine de valeur joue un rôle décisif et détient le pouvoir de faire réussir ou échouer la démarche globale. Cette responsabilité partagée et diluée peut rendre la tâche plus complexe.

Il y a quelques jours, lors d’un atelier de créativité ayant comme thématique l’économie circulaire, le dilemme suivant été au centre des échanges : « c’est à qui de commencer ? c’est aux entreprises ? à la réglementation ? aux consommateurs ? » ; les solutions s’appuyant sur le numérique pour faciliter le décloisonnement et le partage de la « bonne » information étaient très présentes également. Nous avons eu la même logique et c’est précisément sur ces questions-là que nous souhaitons travailler dans ce projet, en impliquant tous les acteurs au même temps :

  1. Accompagnement des organisateurs d’événements dans une approche d’économie circulaire et usage de nouveaux indicateurs de performance qui incitent à réduire en amont la consommation de ressources et les impacts environnementaux. Cela donnera du sens et de la cohérence aux comportements responsables des consommateurs par la suite.
  2. Mise en place des conditions pour une gestion de déchets exemplaire (valorisation de déchets proche du 80%) : prévention de déchets, tri sélectif (déchets organiques dans la mesure du possible), collecte et recyclage.
  3. La Super-Star de notre programme : un jeu autour de la poubelle et des objets connectés ayant comme cible les jeunes de 18-25 ans …l’insaisissable génération Y ! C’est autour de cette idée de gamification que nous avons commencé à développer le projet en partenariat avec le studio AESIA. Grâce à cette animation ludique qui sera conduite sur le terrain par l'équipe AREMACS Aquitaine lors de la saison de festivals 2016, nous allons pouvoir collecter des données auprès de ces jeunes aussi appelés digital natives, sur :

    • leurs habitudes en termes de prévention de déchets  et de tri, notamment par rapport à l’affichage des consignes de tri, le compostage de déchets organiques, leurs considérations par rapport aux emballages plastiques, à la pratique de la réparation et à la réutilisation, notamment pour des objets numériques abîmés comme les tablettes, smartphones, etc.  
    • leur changement de perception à propos des déchets suite à leur participation dans le jeu. Par exemple, est-ce qu’ils vont s’approprier la notion de « mine urbaine » ? l’affichage de l'impact environnemental des produits ? les critères de décision d’achat de bon sens écologiques vs le bon sens économique ?
    • quels sont les changements de comportements quotidiens qu’ils souhaitent faire par la suite, notamment en ce qui concerne la prise en compte des emballages dans le choix de produits, l’achat en vrac, le tri de déchets organiques, etc. ?

  4. A la fin de l’étape de travail de « laboratoire », nous serons en mesure de vous partager deux jeux de données :
    • un sur les profils des participants au jeu fun de la poubelle, leurs habitudes et le changement de perception et comportements espérés via-à-vis des déchets/ressources
    • l’autre sur les indicateurs de résultats de l’approche circulaire appliquée à l’organisation de manifestations

En reprenant à nouveau la réflexion sur les points communs entre nos objectifs et ceux du Département de la Gironde, nous retrouvons aussi l’intention d’apporter au développement de réseaux territoriaux au service de l’économie circulaire. Nous sommes ravis de constater que nous pourrons utiliser ce portail de mutualisation de données locales ouvertes comme un vrai levier pour le partage et l’enrichissement collaboratif de données qui pourront être agrégées à l’échelle des territoires, et rendre visible les efforts faits par les acteurs engagés ainsi que les indicateurs de performance en vue de :

  • un apprentissage collectif
  • une dynamique de progression
  • l’émergence d’un écosystème autour de l’économie circulaire appliquée au secteur de l’événementiel.

La phase de recherche de partenaires du projet sur le terrain démarre dès maintenant ...Avis aux organisateurs des manifestations, syndicats de déchets, collectivités, pionniers de la nouvelle gestion de déchets ressources !

Commentaires archivés

Aucun commentaire disponible.