Bonne pratique

Objectif:

Faciliter l'exploitation automatisée des données de type date et leur conversion selon des besoins ou contraintes spécifiques. Limiter les coûts d'exploitation des données. 

Thème du jour

Organisation de l'enseignement
1Jeux de données

Mise en relation des données et des services

Une ouverture créatrice de ressources ?

Introduction

Le Conseil départemental de la Gironde est engagé dans une démarche de développement durable et de responsabilité sociétale. L’open data y contribue largement, tout en permettant de valoriser le travail effectué par les agents de la collectivité.

Le portail de données publique à dimension territoriale datalocale a pour ambition d'offrir un service d'agrégation de ressources s'inscrivant dans le cadre du développement de la société de la connaissance.

Les acteurs appelés à participer à ce projet sont autant des acteurs publics que des acteurs individuels ou agissant en nom collectif. Leur lieu de rencontre et d'échange est une ressourcerie numérique dans laquelle sont rassemblées des objets, des ressources, humaines ou informationnelles, et des cas d'usage.

De façon générale, l’open-data participe à la réinvention, la redécouverte de la notion de proximité et confère une dimension significative et une efficacité sociale à des pratiques vieilles comme le monde (le troc, l'échange sous diverses formes, la solidarité, la rencontre...). Elle accompagne et valorise les coopérations et les collaborations laissées de côté par une vision encore très pyramidale des rapports sociaux et facilite, ainsi, la réplication et la sérendipité.

La mise à disposition gratuite par les technologies numériques et Internet permet également d'identifier les projets innovants adaptés aux grands enjeux sociétaux, de mobiliser différents acteurs afin qu’ils se coordonnent pour agir ensemble. De nouveaux modèles économiques se diffusent à grande échelle, chacun, et notamment les jeunes, peut contribuer à leur émergence et à l’aménagement de son territoire.

L'acte de publication de la donnée est envisagé aussi bien comme la prolongation de l'âge informationnel de la donnée que comme une étape d'un processus d'amélioration continue. De manière à qualifier les données échangées au sein de cette coopérative, les informations de contextualisation sont intégrées aux jeux de données mis à disposition.

Ce processus de qualification n'est cependant pas envisagé que comme une action de l'acteur public mais également comme une modération par les pairs dans le cadre d'une démarche de certification collective.

Cette démarche s'inspire donc des concepts de ressourcerie, de recyclage, de living lab et de fab lab.

Un Living Lab regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations, des acteurs individuels, dans l’objectif de tester « grandeur nature » des services, des outils ou des usages nouveaux. Il s’agit de sortir la recherche des laboratoires pour la faire descendre dans la vie de tous les jours, en ayant souvent une vue stratégique sur les usages potentiels de ces technologies.

Tout cela se passe en coopération entre des collectivités locales, des entreprises, des laboratoires de recherche, ainsi que des utilisateurs potentiels. Il s'agit de favoriser l'innovation ouverte, partager les réseaux et impliquer les utilisateurs dès le début de la conception. (source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Living_lab)

Le développement de fablabs, qui dépend aussi du maintien de la « bricolabilité » et donc de l'interopérabilité des dispositifs technologies informatiques, pourrait modifier voire bouleverser une partie des logiques d'offre et demande mises en place par l'économie industrielle et de marché des XIXe et XXe siècles. (source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab)

Son ambition est de mettre en place une ressourcerie numérique dans laquelle les acteurs publics apportent des ressources informationnelles, de la légitimité et des savoir-faire (connaissance du territoire, expérience de la mise en réseau d'acteurs, dispositif de soutien au développement).

Cette ressourcerie sera également ouverte aux citoyens qui pourront également contribuer en apportant des données, en participant au processus d'amélioration des données existantes et en proposant la mise à disposition de savoir-faire ou d'outils librement ré-utilisables). Il permettra également à des artisans de la donnée (designers, journalistes, développeurs, statisticiens, etc...) de valoriser leur savoir-faire et de proposer leurs compétences.

illustration du mouvement opendata
 

illustration des 5 étoiles du Linked opendataSa particularité est de s'appuyer sur une démarche qualité construite autour d'un référentiel de 72 bonnes pratiques qui visent à inscrire le contenu ouvert dans l'écosystème du web de données tel que défini par Tim Bernes-Lee, l'inventeur du Web tout en abordant le point de vue des usages.

La définition des 5 niveaux de mise à disposition de données sur le web est un guide d'une démarche de porté à connaissance et de création de valeur d'usage qui nécessite la mobilisation de nombreuses compétences. Par la mise en œuvre de cette ressourcerie nous visons le niveau de l'interopérabilité et de la contextualisation pérenne des données.

L'indicateur défini pour évaluer ce niveau est le critère d'usabilité du jeu de données.

Pour mettre en œuvre ce projet, nous avons choisi deux outils qui remplissent deux fonctions différentes:

  • un outil de catalogage, de recherche et de diffusion de données ou de métadonnées
  • un outil de contribution et de valorisation des ré-utilisations

A la différence du catalogue de données et de métadonnées propulsé par CKAN, la fonctionnalité couverte par le portail public propulsé par Drupal nécessite la définition d'une stratégie.

Le portail grand public vise à présenter une mise en forme des données du catalogue par thématique et à amener les utilisateurs à contribuer au contenu de la démarche d'ouverture.

Celle-ci se décline en un concept, la ressourcerie et deux principes, l'interaction et la contextualisation.

Catalogue

Le catalogue est le lieu privilégié des producteurs de données. Ils disposent d'un workflow de publication, d'une gestion des habilitations et d'un ensemble de fonctionnalités permettant le suivi et l'animation de leur démarche de partage.

Le catalogue est également accessible par les gestionnaires de contenu et les ré-utilisateurs qui disposent d'une interface de programmation leur permettant d'automatiser les imports, les exports et les interrogations dans le catalogue.

Appliqué aux collectivités territoriales, le numérique incite à repenser l’organisation des services rendus au public de manière à répondre à la demande de dialogue et de co-construction exprimée par la société civile. En préparant nos données à de multiples finalités, nous élevons leur capacité à être réutilisée, recyclée, valorisée sous de multiples formes pour répondre à des usages variés. Ce faisant, nous espérons soutenir l’appropriation par tous, citoyens et associations, de la connaissance d’un territoire durable et développer la démocratie participative de proximité.

Ce processus d’ouverture accroît la valeur d’usage des informations crées par tous les services et responsabilise chacun. Il développe une logique de partage et d’intelligibilité des données, qui est réellement bénéfique à l’organisation et à chacun de ses membres.

Le Conseil départemental de la Gironde a pensé son portail de données publiques comme un outil de mutualisation interne et externe. Dès leur production, les données doivent être qualifiées de façon à assurer leur ouverture et leur libération, selon les principes de transparence et d’efficacité. Le service mis en place par la collectivité ou par un tiers est amélioré par les usagers ou avec eux, remplacé par un meilleur service de meilleure qualité ou complémenté complété par un autre plus spécifique. L’implication de l’utilisateur dans le processus de gestion de la donnée le sensibilise à cette problématique et nous permet en retour de bénéficier de manière continue des innovations en matière d’usages.

Notre démarche d’opendata nous a permis, enfin, de structurer le traitement des données au sein de la collectivité et d’orienter et de construire notre système d’information en faveur des usages internes

Ressourcerie

schéma du gouvernement ouvert

Les données publiées dans le catalogue de données publiques ont déjà été utilisées à des fins de gestion. Elles ont même parfois terminé leur durée d'utilité courante.

En ce sens le processus d'extraction et de publication s'apparente à une démarche de recyclage dans laquelle la valeur d'usage est maximisée par la facilité avec laquelle les ressources pourront être agrégées, modifiées et ré-utilisées à d'autres fins.

Sorties de leur silo de production, elles doivent néanmoins conserver la trace de leur contexte de création. L'enjeu est notamment de mettre à disposition des données qualifiées qui pourront servir de matériau de référence pour la construction de service utiles.

Par ce processus de mise à disposition de ressources, les acteurs publics envisagent deux types de création de valeur:

  • développer la ré-utilisabilité des données (développement durable de la donnée publique)
  • améliorer la qualité des données par des processus directs (production d'information complémentaire par les citoyens) et indirects (évaluation, suggestions, alerte en cas d'inexactitude ou d'incomplétude)

Contexte

Dans le portail grand public, il est primordial de montrer aux citoyens le contexte de provenance de l'information ainsi que les possibilités de mise en relation d'information.

Dans cette rubrique se retrouvent l'ensemble des fonctionnalités de recherche, de rebond, de navigation dans les thématiques ainsi que l'accès aux notices des jeux de données, aux ressources qu'elles décrivent et aux producteurs qui en sont à l'origine.

Usages

Si le grand public se rend sur le portail datalocale c'est pour 2 raisons:

  • trouver l'information qui le concerne
  • contribuer à l'amélioration de l'information qui le concerne

Sources

Le concept de ressourcerie prend tout son sens à partir du concept de bidouillabilité permise par la mise à disposition des données dans des formats permettant la transformation. Dans une ressourcerie on retrouve 2 types d'acteurs:

  • le producteur de la ressource (certaines données sont toujours en usage courant, d'autres ne sont plus directement liées à des processus de gestion) qui vient déposer une ressource dont il sait qu'elle pourrait être utile à d'autres
  • l'utilisateur de la ressource. Il s'agit d'une typologie multiforme.
    • le simple curieux qui cherche une information et tombe sur une donnée
    • le bidouilleur qui cherche à mettre à disposition un service, qui cherche à montrer son savoir-faire, voire qui cherche à commercialiser un service
    • le consommateur qui cherche une information. Celle-ci peut être formalisée par une data-visu ou une analyse de type datajournalisme; elle peut être disponible sous la forme d'une application web ou mobile. Ce consommateur peut se transformer en contributeur à condition qu'il puisse bénéficier de l'accompagnement d'un médiateur

En vue d'animer cette participation des contributeurs il est nécessaire de réfléchir aux usages et à l'intérêt collectif et individuel sous-jacent

 Ressourcerie participative

A travers la ressourcerie, les citoyens ont accès à des données fiables et consolidées. Ils ont la possibilité de réagir, de questionner, de solliciter le fournisseur. Mais comment les citoyens peuvent-ils enricihir ces mêmes données ? Comment peuvent-ils eux-mêmes devenir contributeurs et producteurs de données ? Quelles nouvelles formes de dialogue et d'échanges entre représentants politiques et citoyens la réutilisation et la coproduction des données publiques peuvent-elles favoriser ? Quels services et applications mobiliser ou imaginer pour stimuler et accompagner ces nouvelles pratiques ?

L'objet d'une ressourcerie participative et citoyenne est d'organiser et de favoriser la rencontre entre les données descendantes (publiques) et les données remontantes (individuelles et collectives). La ressourcerie permettant ainsi d'agréger et de sécuriser le processus mais aussi d'en faciliter l'usage, le partage et le ré-usage. Le portail agrège les données et permet de formaliser des tendances territoriales.

Par exemple : l'empreinte écologique est calculée en France à partir de ratios établis sur la base des comptes nationaux. Il n'existe aucune donnée locale permettant un tel calcul. La ressourcerie participative permet de son côté à chaque citoyen de calculer sa propre empreinte écologique. Et au plus de citoyens feront le calcul, au plus le portail agrégera les données. A terme se profilera donc des moyennes locales établissant ainsi une nouvelle méthode de calcul d'une "empreinte écologique participative".

Au final, ce projet prouve que la combinaison de l’innovation technologique et sociale peut être particulièrement fructueuse. Nous ne connaissons ni ne maîtrisons les usages de demain, tant en matière de production de service que de démocratie participative. Tout reste encore à imaginer, à construire, à inventer.

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