Cartographier les alternatives aux déchèteries

ven, 10/07/2016 - 18:05 -- ants

L’objectif du projet 6element - 2life est d’apporter aux citoyens une vision plus claire sur les possibilités alternatives du traitement de leurs déchets et de favoriser leur réemploi.

De nombreuses initiatives ont vu le jour autour du recyclage et du réemploi, mais de l’avis général il est difficile de concilier ces approches qui sont souvent incomplètes et qui peinent à se structurer autour d’un socle commun. On peut lister de manière non exhaustive les sites de vente/de troc /de don de produits usagés, les collectivités locales, les institutions publiques, les associations de réemploi, les ressourceries, etc. 

Notre première idée, plutôt intuitive, était de développer une application mettant en relation les personnes qui jetent avec celles qui récupèrent. Bien entendu, il existe de nombreuses solutions existantes selon l’état des objets:

  • les sites de vente d’occasion comme leboncoin
  • les sites de troc comme france-troc
  • les sites de don comme donnons.org ou les groupes Facebook AdopteUnObjet

Statistiques de dons

Notre analyse statistique des sites les plus utilisés a révélé que 75% des objets qui s’échangent coûtent moins de 100€, dont 30% en dessous de 10€. Même si cette analyse n’est pas exhaustive, elle indique que les gens ont déjà une approche de réemploi, mais sont plus enclins a vendre les objets qui les gènent plutôt que de les donner.

Après un certain nombre d’interviews pour déterminer si notre objectif était toujours légitime. Il est ressorti de ces interviews un retour quasi-unanime :

  •  avant d’essayer de mettre en relation les particuliers pour qu’ils échangent des objets qu’ils veulent jeter, il faut d’abord informer correctement sur les différentes filières qui existent et les points d’apport
  • il est plus utile et éthique de donner à des associations qui sauront orienter les dons vers les personnes qui en ont le plus besoin
  • en corollaire, toute initiative de dons d’objets ayant un minimum de valeur entre particuliers fait de l’ombre à d’autres approches “plus vertueuses et moins intéressées” comme Emmaus ou le Secours Populaire

La notion de confiance et d’éthique a donc été particulièrement mise en avant, et a révélé un besoin commun d‘information sur les points d’apport volontaires et les solutions associatives. Nous avons décidé de mettre en application ce besoin.

Ayant rassemblé une très grande quantité de points d'apports volontaires et associations, nous avons construit une carte intelligente que nous avons intégrée au site 6element,  qui référence déjà les centres de recyclage, leur affluence et le niveau de leurs bennes. Il s’agit avant tout de répondre à la question où puis-je jeter ou donner ? 

Nous avons implémenté la géolocalisation afin que l’utilisateur puisse voir en deux clics les possibilités qui s’offrent à proximité. Nous proposons actuellement 2 bases de données: la notre, ainsi que celle d'OpenStreetMap, alimentée en partie par l'outil Rudomap, dont chaque point doit être certifié par la communauté.

Une convergence des 2 bases est envisagée, mais les points certifiés n'ont pas pour le moment atteint une masse suffisament critique pour proposer une cartographie exaustive.

Chaque point possède un code couleur qui indique le type de déchet accepté. Lorsque l’utilisateur clique dessus, il peut voir le détail des informations sur le point et notamment les objets acceptés, entourés de rouge lorsque ce type de flux n’est plus disponible. N’importe quel utilisateur peut faire basculer un flux d’un état à l’autre afin d’indiquer à la communauté l’état du point d’apport volontaire. Il s’agit de crowdsourcing (constitution de données par la foule). Nous avons aussi ajouté une interface de suggestions afin que les usagers puisse remonter des problèmes et/ou donner des idées.

Application 6element

Il s’agit de la première brique d’un projet innovant qui rassemble les acteurs des déchets, les collectivités, des techniciens et des citoyens. Ce projet a permis de défricher le sujet et de mettre en place des bonnes pratiques concernant la constitution d’une base de donnée commune sur les données des déchets d’un territoire.

Bien entendu, cette application ne peut remporter une adhésion collective immédiate et son adoption se fera avec le temps et avec la convergence des données OSM. La proposition de valeur sera alors naturellement augmentée par le crowdsourcing et la possibilité offerte aux citoyens d’indiquer la disponibilité des points d’apport volontaires. Les premiers tests sont positifs, et avec le temps les retours des utilisateurs pourront être implémentés afin de faire évoluer le projet.

Enfin, le caractère ouvert du projet (code, données,notifications) permet d’inviter d’autres développeurs et collectivités à poursuivre la démarche.

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