La data, atout maître pour la réduction des déchets en Gironde

Le Département mise sur les outils et usages numériques pour favoriser la réduction et la valorisation des déchets. Serious game, applications web et mobiles, cartographie interactive ouverte et capteurs dans les centres de recyclages : l’exploitation des données numériques, de la collecte à leur valorisation, est au cœur de ces projets soutenus par la collectivité.

En 2013, 923 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés ont été collectées en Gironde, soit 615 kg par habitant. Cela représente une moyenne de 1,7kg d’ordures par personne et par jour collectées en porte-à-porte ou en déchèterie. 
Afin d’améliorer la valorisation de ces déchets et diminuer les quantités produites dans les années à venir, le Département de la Gironde a désigné cette année le numérique comme un des principaux leviers de changement et d’innovation (avec l’économie circulaire).
 
Il vient d’accorder son soutien à plusieurs projets novateurs qui partagent pour point commun et principal atout maître de s’appuyer sur une exploitation fine et vertueuse des données numériques. Leur collecte et leur valorisation recèlent un potentiel de valeur pour les usagers, pour la filière professionnelle et les acteurs publics agissant dans le domaine des déchets. 
 
« Avec la multiplication des outils numériques utilisés par le service public des déchets et la production de données de plus en plus personnalisées collectées, par exemple, par des puces installées sur des bacs de collecte ou sur les cartes d’accès aux déchèteries, on pressent l’enjeu actuel et à venir des données dans l’amélioration des services existants, ou dans la création de nouveaux services innovants », confirme Laurent Vitry du Service Environnement du Département de la Gironde.
 

Serious game, cartographie ouverte et application pour le réemploi

Lancé dans la continuité du « forum ouvert » ayant réuni, en mars dernier, une cinquantaine de participants à Bordeaux, l’appel à initiatives Déchets et numérique du Département a distingué trois projets portés par des acteurs locaux.
 
Chacune de ces initiatives participera à renforcer la prévention ou le recyclage des déchets en délivrant une meilleure information au citoyen et en sensibilisant les acteurs publics, privés ou associatifs à l’ouverture de leurs données (open data) et aux démarches open source.
 
  • Le serious game Eco-manifestations (association La CREME), dédié aux événements culturels et sportifs, permettra de favoriser un changement de perception des déchets en permettant aux joueurs d’interagir avec les ordures produites sur l’événement afin de les transformer en ressources ré-employables, réutilisables ou recyclables (principe des 3R). 
    Ses concepteurs collecteront et partageront les données d’utilisation du jeu qui livreront des  enseignements sur les profils des participants, leurs habitudes et leur changement de perception et comportements vis-à-vis des déchets. D’autres données seront des indicateurs de résultats de l’approche circulaire appliquée à l’organisation de manifestations.
     
  • L'application projet 6element 2life (entreprise ANTS) a pour but de réduire la quantité de déchets arrivant en déchèterie en encourageant le citoyen à trouver une alternative favorisant le réemploi du déchet. Les concepteurs de l’application référencent pour cela, sous forme de base de données, les lieux et acteurs du réemploi et du recyclage. Ils disposeront aussi de données d’utilisation de l’application 6element ce qui livrera des renseignements sur les comportements des citoyens.
     
  • L’application Rudomap (coopérative Coop’Alpha) doit permettre de faciliter la contribution à la base de données libre OpenStreetMap sur la thématique des déchets ainsi que l’affichage des données sur ce fond cartographique « ouvert ». Le projet s’accompagne d’une démarche de médiation auprès des différents acteurs du domaine (associations, syndicats mixtes, usagers, etc.) pour stimuler leurs contributions. Elle permettra dans un premier temps de référencer des équipements (centre de recyclage, containers à verres, à vêtements, etc.) puis des services plus spécifiques (ressourceries, ateliers de réparation, etc.) permettant, à l’instar et en complément des données créées par le projet 6element 2 life, d'éviter aux usagers de générer des déchets en favorisant le réemploi. 
En accompagnant l’an dernier l’émergence du projet 6element, porté par la startup ANTS (spécialiste du Big Data, de l’analyse prédictive et de l’innovation ouverte) et soutenu par la Région Aquitaine, le Département de la Gironde avait déjà misé sur l’innovation numérique dans le domaine des déchets.
 

Cette application, première pierre du projet 6element 2life, permettra à l'usager de connaître en temps réel le taux de remplissage des bennes et de se rendre dans la déchèterie la plus proche et la moins encombrée. De quoi améliorer l'expérience utilisateur et faciliter la gestion des déchèteries par les opérateurs.

L’application fonctionnera à partir de l’analyse de données recueillies grâce à un système de capteurs open source installés dans les déchèteries pour mesurer le flux de véhicules. Ce capteur imaginé par ANTS est d’ores et déjà utilisé sur d’autres terrains d’application comme, par exemple, la mesure de fréquentation des manifestations publiques ou celles des plages du littoral aquitain.
 

Open data et Open source  : animer une philosophie du partage

Fer de lance du mouvement open data local depuis 2011 au travers de son portail Datalocale, le Département favorise déjà le partage de données numériques ouvertes relatives aux déchets en Gironde : il a mis à disposition des jeux de données internes relatifs aux tonnages des déchets collectés et valorisés dans le département.
Son portail, mutualisé, incite les différents acteurs publics et privés de la filière des déchets à devenir, eux aussi, producteurs de données ouvertes. C’est déjà le cas de Bordeaux Métropole. Les syndicats mixtes locaux SMICVAL et USTOM participent eux aussi à cette dynamique open data.
 
Cette démarche d’échange et de partage d’informations ne peut que consolider l’exercice de leur mission sur le territoire girondin et participer à améliorer leur savoir faire. C’est, du moins, le présupposé défendu par les tenants de l’ouverture des données publiques : la valeur des données est co-construite avec les utilisateurs ; il convient donc de les rendre accessibles par défaut, sans préjuger des retombées économiques ou de services que cette ouverture pourrait engendrer. 
 
Pour Pascal Romain, en charge depuis 2011 de la Ressourcerie Datalocale au Département, « les acteur de la gestion des déchets sont constamment sollicités pour fournir des indicateurs pour les rapports d'activité et ils utilisent de nombreuses données pour gérer leurs installations : rotation de camion, de bennes, entrées et sorties des usagers, etc. Toutefois, ces données sortaient très peu du cercle fermé des professionnels. En donnant à voir ces informations en les publiant sous une licence ouverte, des innovateurs peuvent s'en saisir, inciter les usagers à les améliorer ou à en produire à leur tour, pour finir par une restitution personnalisée à chaque producteur de déchets, contribuant ainsi, nous l'espérons, à l'objectif final de réduction de la production de déchets ».
 
Dans le droit fil de cette philosophie du partage, les lauréats de l’appel à initiatives Déchets et numérique se sont engagés à publier sur le portail datalocale.fr les données générées par leur projet ainsi qu’à ouvrir le code source de l’outil qu’ils développeront (application, serious game) afin de permettre sa diffusion et sa réutilisation par tous.
 

Une vaste concertation sur les déchets engagée en 2012

L’ambition du Département de la Gironde est de soutenir la création de nouveaux outils et usages afin de répondre aux défis identifiés dans le cadre de la révision actuelle de son Plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux, adopté en 2007 : réinventer le modèle de la production et de la gestion des déchets, changer leur image, favoriser la participation citoyenne, développer l’économie circulaire, etc.
 
Cette liste d’enjeux émane d’une vaste concertation engagée en 2012 qui a associé les partenaires institutionnels du Département impliqués dans le domaine des déchets (Etat, collectivités en charge des déchets, chambres consulaires, associations, fédérations professionnelles, etc.), ainsi qu’un panel de citoyens et d’entrepreneurs girondins.
 

 

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